Le Conseil des États a approuvé aujourd’hui les crédits destinés au Fonds de roulement (25.077) et aux engagements conditionnels en faveur de la Centrale d’émission pour les maîtres d’ouvrage d’utilité publique (CCL) (25.087). Il assure ainsi le maintien des principaux instruments fédéraux d’aide au logement. L’ASLOCA salue cette décision, mais regrette que le Conseil des États ait refusé d’augmenter les moyens financiers. La politique nationale rate ainsi une nouvelle occasion de promouvoir le logement abordable.
Avec le Fonds de roulement et les engagements conditionnels en faveur de la CCL, deux instruments éprouvés restent à disposition. Ils permettent aux maîtres d’ouvrage d’utilité publique de construire, de rénover et de maintenir à long terme des logements à prix modéré. L’ASLOCA salue la décision du Conseil des États en faveur de leur maintien. « Le Conseil des États reconnaît l’importance de la construction de logements d’utilité publique, mais refuse d’augmenter les moyens financiers afin de permettre la création de davantage de logements abordables », déclare Carlo Sommaruga, président de l’ASLOCA Suisse. « Face à la hausse des loyers et à la pénurie de logements abordables, il ne suffit pas de maintenir de justesse le statu quo. »
Les moyens financiers garantissent au mieux le statu quo
Avec 4 %, la part des logements d’utilité publique en Suisse reste modeste. Les fonds approuvés aujourd’hui suffisent tout au plus à maintenir cette part. On ne peut en aucun cas parler d’un véritable renforcement. Or, le Fonds de roulement et les cautionnements en faveur des coopératives d’habitation sont les seuls instruments d’aide au logement au niveau fédéral. Ils ont fait leurs preuves et sont peu coûteux. Les prêts sont remboursés et rapportent même des intérêts à la Confédération selon le message du Conseil fédéral. En 2024, ce montant s’élevait à 5,5 millions de francs. Il est d’autant plus incompréhensible que le Conseil des États ait rejeté une augmentation de ces moyens.
Mesure d'accompagnement insuffisante
Les discussions autour de l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » montrent qu’il est urgent de s’attaquer aux coûts élevés du logement et de prendre des mesures pour endiguer l’explosion des loyers. Pour cela, il faut des mesures concrètes contre les loyers abusifs et pour davantage de logements abordables. « Ce n’est pas avec une politique symbolique que l’on fera baisser les loyers, mais en soutenant beaucoup plus fortement la construction de logements d’utilité publique », déclare Michael Töngi, vice-président de l’ASLOCA Suisse. « Les représentant·e·s du camp en faveur de l’initiative au Conseil des États ont rejeté une augmentation des moyens destinés au logement abordable. Cela montre à quel point leur prétendue préoccupation pour les locataires est peu crédible. »